Golden Globe du meilleur film dramatique, et son pendant du meilleur acteur pour George Clooney. En attendant les Oscars, où le film d'Alexander Payne est nommé dans cinq catégories. De quoi m'attirer dans ma salle de cinéma préférée tout frétillant de plaisir anticipé. Trop anticipé, malheureusement, car The Descendants est un film pauvre, sans surprise, ni guère de répliques saillantes. Hormis, soyons honnêtes, deux ou trois qui, toutes, se trouvent dans la bande-annonce: c'est de bonne guerre.A se demander comment George Clooney peut être encensé, et pourquoi pas bientôt oscarisé, avec ce rôle? Certes, Clooney est bon acteur mais, cornebleue, on l'a vu plus inspiré! Son plus grand mérite est en réalité de porter, pendant lh50 à l'écran, d'affreuses chemises hawaïennes. On compatit à son malheur esthétique. De même que l'on se désole (ou se réjouit, suivant qu'on soit charitable ou jaloux) devant le quinqua Clooney gardant précautionneusement ses chemises tout au long du film, même quand il arpente les plages ensoleillées d'Hawaï: on n'a plus ses pecs de 20 ans, Georgie? Vous l'aurez compris, j'ai choisi personnellement l'option jalousie...
Le bellâtre Clooney (jaloux, je vous dis...) incarne Matt King, brillant et fortuné avocat d'affaires. Sa femme est plongée dans le coma, suite à un accident de bateau. Il n'y a plus rien à faire, et elle va bientôt mourir. Matt, père absent, doit prendre en charge ses deux filles, 17 et 10 ans, dont il ne s'est jamais visiblement beaucoup occupé.
Un film sur le destin qui bascule et un père soudain mis devant le sens des priorités entre son travail et sa famille? Même pas. Les fillettes, pestes notoires pendant un quart d'heure, deviennent douces et aimantes comme des pucelles qu'elles ne sont plus (en tous cas pour l'aînée: l'autre a 10 ans, il est loisible d'imaginer que oui, quand même...). Et ce sans que papounet n'ait vraiment à galérer ou à forcer son caractère pour reprendre la main. Ce premier réacteur, censé faire décoller le film, tombe donc gentiment à plat. Tout ce beau monde s'adapte à peu près bien, et dit au-revoir à maman qui va bientôt mourir.
Sauf que (car il y a un sauf, heureusement - surtout un sauve qui peut, mais bon) ces au-revoir sont aussi l'occasion, pour la famille, de régler quelques comptes avec cette pauvre femme qui gît, inconsciente, sur son lit d'hôpital. C'est là le deuxième réacteur qu'a essayé d'allumer Alexander Payne, en nous pondant un film tournant autour du secret qu'emporte la future morte avec elle. Un moteur bien faiblard, ayant de nombreux ratés, et qui peine à assurer au film plus qu'un survol en rase-motte. Madame était volage, sachez-le. Matt l'apprend. Il en veut à sa chère et tendre, l'engueule sur son lit d'hôpital, au lieu de pleurer. A la clé un monologue - elle est dans le coma je vous rappelle - ni drôle, ni dramatique, ni bien écrit. Juste bien joué par George Clooney, ce qui ne suffit pas à sauver la scène.
Pour autant, le réalisateur devait être content de lui sur ce coup-là, car on reprend les mêmes ficelles - avec toujours aussi peu de succès - deux autres fois ensuite: la fille aînée a aussi des reproches à formuler à sa mère. Idem, plus tard, pour la femme de son amant qui, dans un sursaut de "bien-pensance" toute chrétienne, en vient à déclamer un "Je dois te pardonner pour tout le mal que tu m'as fait." D'une mièvrerie abyssale.
Le troisième ressort du film (cassé, le ressort) tient ensuite à la quête de l'amant. La partie qui aurait dû être la plus intéressante. Car, enfin, il y avait là de quoi s'engouffrer dans quelque chose de fort. Comment réagir en apprenant que sa femme qui va mourir entretenait une liaison? La haïr ou la chérir, malgré tout? Oublier l'amant en se disant que cela n'a plus guère d'importance ou, au contraire, le chercher à tout prix? Et le chercher pour quoi faire? Lui foutre sur la gueule ou tomber dans ses bras pour pleurer avec lui un amour perdu? On le voit, les possibilités étaient grandes. Guère original, certes, mais bien amené, cela aurait pu faire de The Descendants un film acceptable.
L'ennui, c'est que cette "chasse" à l'amant n'occupe qu'une petit partie du film. Et que, surtout, elle s'avère pauvre et sans finesse. Matt retrouve le bonhomme, s'explique gentiment avec lui, sans même hausser la voix, et se "venge' (plein de guillemets au mot) juste en refusant audit monsieur, agent immobilier dans le civil, de pouvoir faire fortune dans une très lucrative affaire. Matt se trouve en effet être le curateur de sa famille, propriétaire d'immenses terrains en vente à Hawaï: la famille souhaite chosir un gars du coin, désireux de transformer ces terres sauvages en paradis des golfeurs et des touristes fortunés. Mais Matt refuse. On ne sait trop, d'ailleurs, si c'est pour emmerder l'amant de sa femme, ou pour protéger la nature. Car oui, le film nous laisse aussi ce message: la nature est belle, et il est dommage de la gâcher avec de gros et moches complexes hôteliers. Mièvre, on vous disait...
Bilan: On peut s'en passer - Moyen - A voir! -Excellent - Attention, futur grand classique.
Note: 08/20
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